LA UNE DU PETIT JOURNAL, HEBDOMADAIRE  DES HAUTES-PYRÉNÉES ET LE SUJET DU JOUR: LE GENDARME ...CE MARDI, 22.

(Édition du mercredi 23 mars à paraître demain .)

Le sujet du jour permet de revenir sur des articles précédents, dans des circonstances pitoyables.

On se souvient de l'édition du 10  février 2016 concernant la dangerosité signalée du chemin de Bénaquez à Azereix et de son intersection avec la route départementale Ibos Ossun, dans la traversée du bourg, où chaque véhicule commet une infraction inévitable en prenant ce chemin en venant du village.  C'était un exemple d'aménagement si mal conçu qu'il n'entraînait que des problèmes. Les photographies suffisaient à démontrer la situation et les difficultés pour l'habitante riveraine , handicapée et dont la "mobilité" sera encore diminuée après une nouvelle opération programmée pour le mois prochain. Les services saisis se désintéressaient de la chose ne se sentant nullement concernés  par le sort qui n'était pas le leur. Prévention routière, services de la DDR, refus de réponse écrite de la part de monsieur GAUBERT , se présentant comme chef de secteur de la Direction Départementale des routes, Courrier privé réservé à madame la préfète, aucune réponse ne suivra et aucun constat sur place n'interviendra. On ne quitte pas facilement un fauteuil à roulettes proche de la climatisation pour prendre en compte la situation d'une handicapée qui "n'est même pas en fauteuil roulant". La conclusion était nette: "tout le monde a été mis en garde:  le jour où il y aura inévitablement un accident mortel, il ne faudra pas dire  "Ah non, on ne savait pas, donc date était prise".

Puis dans l'édition du 16 mars, un mois plus tard, de silence absolu et d'ignorance valant dédain, c'est un lecteur qui dans les colonnes du même petit journal  criait sa colère pour le même chemin de Bénaquez, mais à son autre extrémité où il débouche sur la départementale 936 entre Ossun et Juillan. Le tronçon entre cette croix et l'entrée de Juillan a été le théatre de nombreux accidents dont plusieurs mortels et notamment pour le jeune Florian , Ossunois de 16 ans qui quittera prématurément parents et amis  laissant pour souvenir un bouquet de fleurs fixé sur la croix. Là encore le danger était signalé et la question posée de savoir de quel côté de ce chemin de Bénaquez serait déposé un deuxième bouquet. La demande de communiqué  voulait être fait avant que les statistiques n'augmentent et ce chemin et ses deux extrémités étaient qualifiés de véritables "armes par destination".

PJUNE23032016

ET CE MARDI NOIR  22 MARS 2016 , SIX JOURS PLUS TARD SEULEMENT LE PREMIER ACCIDENT S'EST PRODUIT.

Seul un "journal" semble avoir été prévenu tant ce fait divers banal ne valait que  quelques caractères. Et c'est par hasard revenant de Bagnères de Bigorre, de l'imprimerie d'un journal local qu'un caneton arrive sur les lieux. À hauteur de la croix, un véhicule de gendarmerie  Gyrophare en marche signale un accident tout récent puisque les véhicules de dépannage enlèvent les épaves de deux véhicules très abîmés. Traces de freinage, marquages au sol des emplacements, épandage de sciure et balayage témoignent de la remise en service de la route, sous la surveillance de la Gendarmerie qui doit bien entendu éviter un possible "sur accident". C'est donc à pieds que notre caneton va prendre des photos des lieux:

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Tandis que le caneton se presse le gendarme s'empresse de venir à lui et lui dire ainsi:  Que faites vous-là ? (le caneton pense à Bigard, "je me secoue le croupion" canard")."Vous  prenez des photos? Vous avez une carte de presse?  La "Dépêche est déjà venue. Et présentez vous !

(pensée: Me présenter ? mais je suis présent, il veut ma photo ou quoi?). 

"Commencez donc par le faire vous même" répond le caneton. ( Gendarmerie , canarderie, c'est presque de la camaraderie) .Et de poursuivre: "je n'ai pas à le faire . Quel article de loi m'empêcherait de vivre ma vie ? De quoi suis je donc coupable ?"

Le burlesque l'emporte " vous  faites du voyeurisme" .

Le caneton se retourne et cherche en vain un ou une exhibitionniste. Il pressent que l'affaire ne va pas s'arrêter là . Encore une prémonition. Et le couperet tombe: " Identité et Permis de conduire ". Ça tombe bien , en bon piéton je vais donner un permis de conduire et tant pis si le gendarme ignore l'article 226-1 du code pénal et la jurisprudence qui ne fait pas dépendre le caractère d'un lieu  de la nature de la scène qui s'y déroule. Il veut un permis de conduire , le caneton lui donne celui d'un ami caneton resté dans sa voiture. Heureusement pendant ce temps d'abandon de poste il n'y a pas eu un autre accident.

Concernant la carte d'identité, la loi n'oblige pas d'en avoir une sur soi, une carte professionnelle , un livret de famille , une carte de séjour, une carte vitale voire même un témoignage suffisent. Un livret militaire fait aussi l'affaire. L'occasion aurait été bonne de montrer au gendarme qu'il demandait un permis de conduire à un caneton piéton ... officier de réserve.

Pour clore cette tragicomédie le rapport de "mission" sera soumis à  hiérarchie pour "atteinte à l'intégrité psychique de caneton pressé  par comportement qui, sans l'atteindre matériellement, est cependant de nature à provoquer un choc émotif ou une perturbation psychologique (Cour de cassation, 19 février 1992)

"Arrosoir et persil" ... en attendant la prochaine prophétie de Nostracanardus.